Prise de conscience

8-LibresNumero9-Recto[1] copie - copieDressées par les premiers déportés rentrés,complétées par les services alliés et le ministère des Rapatriés, les listes des survivants sont diffusées par la presse ou la radio dès leur arrivée à Paris.

« Pourquoi   vos compatriotes ont-ils fait cela? « 
« Mais ce n’étaient que des Juifs et des Polonais ! »
« La responsabilité dépasse l’exécutant. Ce n’est pas le geste d’un sadique isolé qu’éclairent ces horreurs, c’est  la pensée d’un régime devenue  hélas la pensée d’une nation. La propagande, obsession, agit toujours, parce qu’elle prend l’homme par la voie où il est sans défense : l’inconscient. »
Robert d’Harcourt (Témoignage Chrétien, 1erjuin 1945)

« Les  premières listes de déportés rescapés étaient affichées sur des panneaux de bois… sur le terre-plein central du boulevard Raspail ;  c’est là que venaient les familles, et c’est là qu’on lisait avec stupéfaction horrifiées ces listes et que l’on a commencé  à savoir… La déportation, l’horreur, la grandeur de l’abominable, c’est comme les très  grands malheurs, on n’en prend conscience que peu à peu. »
Vladimir Jankélévitch in Le Grand Livre desTémoins, FNDIRP, 1994

« Il suffit de parcourir les couloirs du Lutetia pour voir 5 ou 6 anciens rayés, au crâne rasé, encore pâles et exténués qui circulent devant une immense galerie de photographies, des centaines et des centaines de photos accrochées aux murs. Tous ces visages d’absents perdus dans l’immense tourmente regardent de leurs yeux de jadis, de leurs yeux gais «d’avant », avec le sourire de la vie et de la jeunesse, photos de mariage ou de vacances, qui regardent de leurs pauvres yeux de papier si on va les reconnaître, si on les a vus une fois, si on va dire ce que l’on sait d’eux, dernier espoir, et c’est le symbole de cette guerre, ces rangées de photos de disparus devant lesquelles circulent quelques survivants. »
Jacqueline Mesnil-Amar in Bulletin du SCDI, n°9, juillet 1945

« Je suis comme paralysée, incapable d’articuler un mot, les paroles de bienvenue et les questions qui  se  pressaient dans mon cœur s’arrêtant  à la gorge. (…) Ces  fantômes, qui descendent des cars, encore vêtus de leurs rayés, dans le silence impressionnant de la foule figée par l’émotion…ils avançaient lentement, le regard perdu dans le lointain, encore absents. Chacun de ceux qui  attendaient scrutait le visage des arrivants, espérant retrouver dans ces squelettes une ressemblance avec l’être chéri. »
Dinah Abragam in Le Grand Livre desTémoins, FNDIRP, 1994

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